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Construire bas carbone : réussir la transition sur vos projets

Concevoir et réaliser un bâtiment bas carbone répond aux objectifs climatiques majeurs, issus de l'Accord de Paris et de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC), aujourd'hui traduits dans le neuf par la RE2020. Au-delà de la conformité réglementaire, cette démarche permet de préserver durablement la valeur patrimoniale et la performance des ouvrages. Définition, cadre d'application et méthodes opérationnelles : décryptage des leviers à mobiliser sur vos projets.

28/11/2024

L'essentiel du sujet :

  • Portée par la RE2020 et la SNBC, la démarche vise la neutralité carbone d'ici 2050 pour répondre aux enjeux climatiques.
  • L'effort porte en priorité sur la phase chantier, car 65 % à 75 % des émissions de CO₂ d'un bâtiment sont générées avant son inauguration (matériaux et chantier).
  • Les leviers d'action reposent sur quatre piliers, à savoir l'écoconception bioclimatique, les matériaux à faible empreinte, l'efficacité de l'enveloppe et la décarbonation des énergies.
  • La démarche préserve la valeur patrimoniale en protégeant les actifs du risque d'obsolescence et en améliorant leur valeur verte.

Définition et principes de la construction bas carbone

Réduire l'empreinte carbone dès la conception

Une démarche de construction bas carbone vise à minimiser l’empreinte environnementale d’un ouvrage sur l'ensemble de son cycle de vie, fixé par convention réglementaire à 50 ans. Elle couvre la production des composants, la conduite du chantier, la phase d'exploitation ainsi que la déconstruction et la valorisation des matériaux en fin de vie.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre commence dès les premières étapes de conception d'un projet de construction ou de rénovation.

L'objectif est d'examiner tous les moyens techniquement et financièrement envisageables pour construire des bâtiments qui :

  • utilisent des ressources durables ;
  • consomment moins d'énergie ;
  • sont pérennes et réversibles dans le temps ;
  • génèrent moins de déchets, que ce soit en phase de construction ou de fin de vie.

Le cycle de vie d'un bâtiment

​L'approche carbone prend en compte tout le cycle de vie d'un bâtiment. Cela inclut non seulement les phases de construction et d'exploitation, mais aussi la déconstruction et le potentiel de réutilisation des matériaux. 

construction bas carbone et le cycle de vie d'un bâtiment

Dans l’état des pratiques actuelles, la part des matériaux de construction et des équipements représente entre deux tiers et trois quarts des émissions de gaz à effet de serre d’un bâtiment, tandis que la part des énergies consommées entre un quart et un tiers.

Chaque étape de la vie d'un ouvrage offre des opportunités pour réduire son empreinte carbone. Par exemple, pendant l’exploitation, l’utilisation d’énergies renouvelables et l'adoption de systèmes de gestion technique du bâtiment (GTB) peuvent considérablement réduire les émissions de CO2.

Pourquoi construire des bâtiments bas carbone ?

construction bas carbone et impact du secteur

La réduction des impacts environnementaux

En France, le secteur du bâtiment est à l’origine de 23 % des émissions de gaz à effet de serre !

En adoptant des méthodes de construction plus respectueuses de l’environnement et en utilisant des matériaux bas carbone, il est possible de diminuer significativement cet impact.

Depuis janvier 2022, la Réglementation environnementale 2020 (RE 2020) impose des critères stricts pour les nouvelles constructions en France. D'abord appliquée aux bâtiments de logements (individuels et collectifs), de bureaux et d’enseignement (primaire et secondaire), elle s'étend progressivement à d'autres typologies : les bâtiments tertiaires spécifiques (dont les parcs de stationnement, les constructions temporaires et les locaux de stockage) ainsi qu'aux extensions. Son objectif est d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.

Les avantages économiques et sociaux

Adopter des pratiques de construction bas carbone n'est pas seulement bénéfique pour l'environnement. Un ouvrage durable est souvent plus attractif sur le marché immobilier. Il est perçu comme étant de meilleure qualité, affiche une valeur marchande plus élevée et attire davantage d'investisseurs et de locataires soucieux de l'environnement. 

CRREM outil construction bas carbone

Connaissez-vous le CRREM (Carbon Risk Real Estate Monitor) ?

Grâce à des projections détaillées, le CRREM est un outil d’aide à la décision pour les investisseurs ou propriétaires immobiliers.

Il vous guide pour faire coïncider les performances d’un bâtiment avec les objectifs de l’Accord de Paris, en identifiant les risques d'obsolescence environnementale.

Concrètement, il répond à la question suivante : « Si mon bâtiment reste tel qu’il est aujourd’hui, dans combien de temps ne sera-t-il plus conforme aux exigences environnementales croissantes ? ».

Cela permet de : 

  • prioriser les investissements en rénovation ;
  • faire les bons choix de conception pour éviter des coûts futurs liés à des bâtiments non conformes ;
  • augmenter la valeur des actifs grâce à une meilleure performance initiale.

Autre avantage : la transition vers des pratiques de construction durables stimule la création d'emplois et favorise le développement de filières innovantes. 

Comment tendre vers des constructions bas carbone : solutions et bonnes pratiques

Pour passer concrètement d'une opération « classique » à une construction bas carbone, il est nécessaire de repenser les pratiques actuelles et d'adopter des solutions innovantes à chaque étape.

L'écoconception

L'écoconception, également appelée conception bioclimatique, est une approche qui consiste à penser un bâtiment dans son environnement global dès le début du projet. 

En prenant en compte des facteurs tels que l'ensoleillement, le climat, le contexte urbain (ombres portées) ou la disponibilité locale des matériaux, il est possible d'optimiser l’efficacité énergétique du bâti et l'empreinte carbone des choix constructifs. 

Quelques bonnes pratiques à connaître : favoriser la modularité des espaces, la déconstruction, recourir à la construction en filière sèche ou opter pour la frugalité sont des méthodes essentielles pour réduire l'empreinte carbone d'un projet.

Utilisation de matériaux à faible empreinte carbone

Les matériaux de construction représentent un fort gisement de décarbonation potentiel pour la filière bâtiment. Les possibilités liées aux choix constructifs sont nombreuses : 

Pour un impact environnemental encore réduit, les filières locales d'approvisionnement de matériaux sont à privilégier. Elles permettent de réduire les émissions liées au transport des matériaux.

A lire aussi : Tout savoir sur les matériaux bas carbone

L'importance de l'enveloppe du bâtiment

La conception d'une enveloppe performante est cruciale pour optimiser l'efficacité énergétique de votre bâtiment. 

Par exemple, une isolation efficace et une bonne étanchéité à l'air permettent de minimiser les pertes de chaleur et de réduire le besoin en chauffage (ou en climatisation). L'utilisation de toits réfléchissants ou végétalisés peut réduire l'effet d'îlot de chaleur en milieu urbain et améliorer le confort thermique des occupants.

Panobloc pour une construction bas carbone

La solution des façades biosourcées

Techniwood, entité du groupe Léon Grosse, est spécialisée dans la préfabrication de panneaux de façades en bois nus ou habillés.

Ces panneaux à ossature bois réalisés sur mesure servent à la fois l'efficacité énergétique de votre enveloppe et l'empreinte carbone de votre bâtiment. 

Le rôle des innovations technologiques pour une construction respectueuse de l'environnement

Les avancées technologiques évoluent d'années en années et permettent d’aller toujours plus loin dans la construction bas carbone. 

La collecte de données, les systèmes de suivi des consommations et les équipements connectés permettent une gestion optimale et proactive des ressources. Ces avancées nous orientent vers la construction de bâtiments plus intelligents (smart buildings) où l'automatisation et la programmation s'approchent au plus près des besoins réels de consommation. C’est d’ailleurs l’objectif du décret BACS qui impose l'installation de GTB dans les locaux tertiaires.

Néanmoins, il faut garder à l’esprit que la décarbonation repose sur une conception sobre et que l’ajout de technologies supposées rendre le bâtiment plus efficace peut finalement nuire à sa performance carbone. C’est là qu’intervient la notion de low-tech ou de sobriété technologique.

Intégration des énergies renouvelables

Pour limiter les émissions de CO2 de nos ouvrages, notamment pendant toute sa durée d'exploitation, il est crucial de s'éloigner des énergies fossiles. Ces sources d'énergie sont non seulement polluantes, mais elles subissent aussi des hausses de tarifs importantes et imprévisibles.

L’installation de panneaux solaires, d'un système de géothermie ou le recours à une chaufferie biomasse sont des alternatives renouvelables qui se développent de plus en plus avec les nouvelles réglementations et les incitations diverses. Ces différentes technologies sont désormais maîtrisées, rendant les coûts d'investissement plus abordables qu'auparavant. En fonction des équipements mis en œuvre, il existe également des solutions de financement avantageuses.

Les labels et certifications pour les bâtiments bas carbone

Les certifications et labels bas carbone jouent un rôle important dans la promotion et la reconnaissance des bâtiments bas carbone. C’est également une bonne manière de valoriser votre engagement environnemental et de renforcer votre image de marque. Voici quelques exemples :

  • Le label BBCA (bâtiment bas carbone) : il évalue la performance carbone d’un bâtiment sur l'ensemble de son cycle de vie, selon trois niveaux de performance (standard, performance, excellence). Il concerne à la fois les bâtiments neufs et les projets de rénovation. 
  • Le label bâtiment biosourcé : il garantit une certaine proportion de carbone biogénique intégré dans les bâtiments neufs. Le carbone biogénique est issu de l'atmosphère, capté par la biomasse et stocké dans un produit biosourcé. Plusieurs niveaux de labellisation sont définis en fonction de la masse d'éléments biosourcés par mètre carré de surface de plancher.
  • Le label E+C- : Label précurseur de la RE2020, il a posé les bases méthodologiques de l'Analyse du Cycle de Vie (ACV) en évaluant simultanément le niveau de performance énergétique (E) et le niveau d'émissions de carbone (C).
  • HQE (Haute Qualité Environnementale), BREEAM et LEED : Ces certifications globales (française pour HQE, britannique pour BREEAM, américaine pour LEED) intègrent la dimension carbone au sein d'une évaluation multicritère. Elles analysent l'ensemble de la performance environnementale du bâtiment : efficacité énergétique, gestion de l'eau, santé et confort des occupants, préservation de la biodiversité et choix des matériaux.
les labels de construction bas carbone
construction bas carbone léon grosse

Chez Léon Grosse, nous croyons fermement qu'il est possible de réduire l'impact carbone d'un projet à isocoût en anticipant le sujet dès la conception et en faisant appel à des solutions adaptées à chaque projet.

Découvrez quelques-unes de nos réalisations bas carbone :

  • Le 8e Chemin à Bron : programme mixte avec des murs à ossature bois, de la géothermie et des ombrières photovoltaïques
  • Taverny : 1ère résidence labellisée BBCA niveau Excellence en France
  • La réhabilitation de Pinard : un exemple de réemploi des matériaux de construction

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Les questions les plus fréquentes

Quelle est la définition d’un bâtiment ou projet bas carbone ?

Un bâtiment bas carbone est conçu et réalisé pour minimiser ses émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble de son cycle de vie. La démarche englobe la fabrication des matériaux, le chantier, la phase d’exploitation (chauffage, éclairage, ventilation) et la fin de vie de l'ouvrage (déconstruction et recyclage).

En quoi consiste la conception bioclimatique et bas carbone ?

Elle consiste à intégrer la sobriété environnementale dès les premières esquisses architecturales. Cela passe par l’optimisation de l'orientation du bâtiment, la compacité des formes, l’efficacité de l'enveloppe, le choix de modes constructifs sobres en carbone et l'anticipation de la réversibilité des espaces.

Qu’est-ce qu’un matériau de construction bas carbone ?

C'est un composant dont la fabrication, le transport et la mise en œuvre génèrent un volume réduit de CO₂. Cela comprend les matériaux biosourcés et géosourcés (bois, paille, chanvre, terre crue), les matériaux issus du réemploi ou du recyclage (acier recyclé) et les matériaux traditionnels reformulés (bétons bas carbone).

Comment est formulé un béton ou un ciment bas carbone ?

La décarbonation du béton repose principalement sur la substitution du clinker, le composant du ciment le plus émetteur de CO₂ lors de sa cuisson, par des ajouts minéraux à faible empreinte carbone, comme les laitiers de haut fourneau, les argiles calcinées, les cendres volantes ou les fillers calcaires, associés à des granulats recyclés.

Quels sont les principaux labels pour certifier un ouvrage bas carbone ?

Plusieurs référentiels permettent d'attester de la performance carbone d'un bâtiment :

  • BBCA (Bâtiment Bas Carbone) : centré exclusivement sur la mesure des émissions évitées sur le cycle de vie.

  • E+C- (Énergie Positive & Réduction Carbone) : label précurseur de la RE2020 évaluant l'énergie et le carbone.

  • HQE, BREEAM et LEED : certifications environnementales globales intégrant des indicateurs carbone spécifiques.

Quel est le surcoût d'une construction bas carbone ?

Le surcoût d'un projet bas carbone varie généralement entre 2 % et 5 % selon le niveau d'ambition et la typologie de l'ouvrage. Cet investissement initial est toutefois compensé par la réduction des coûts d'exploitation (facture énergétique maîtrisée), l'absence de frais de mise en conformité future et une meilleure valorisation patrimoniale à la revente ou à la location (valeur verte).

La démarche bas carbone rallonge-t-elle les délais de chantier ?

Non, si elle est anticipée dès la phase de programmation. L'utilisation de procédés comme la préfabrication (notamment les façades en bois ou la filière sèche) permet au contraire d'accélérer le temps de pose sur le chantier et de réduire les nuisances. En revanche, elle exige une phase d'études amont légèrement plus poussée pour valider les fiches FDES et la disponibilité des filières d'approvisionnement.

Peut-on faire du bas carbone en rénovation ?

Absolument. La rénovation est par nature une démarche bas carbone puisqu'elle conserve la structure existante — qui concentre la majorité du carbone intrinsèque d'un bâtiment. L'enjeu en rénovation consiste à combiner la sobriété des matériaux d'isolation (ex. biosourcés) et le réemploi d'éléments déposés avec la décarbonation des systèmes énergétiques.